Réunion du Collectif droit d'asile
Mardi 8 juillet à 18h
maison St Paul
51 Rue Treynes à Tarbes
Pour comprendre l'urgence de la situation
et agir:
Collectif de défense du droit d’asile, à Tarbes
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Les révoltes de la faim dans les pays du Sud :
Nous ne sommes pas dans une situation de pénurie mondiale. Quoiqu’extrêmement faibles, les stocks sont encore suffisants pour faire la jonction entre deux récoltes. Mais
l'accès à l'alimentation des populations s'est dégradé brutalement face à une augmentation considérable des prix. Elle aggrave encore la situation actuelle (20 000 morts par jour, près de
900 millions de personnes souffrant de malnutrition dont 80% de paysans).
La faiblesse des stocks est en cause. Elle provient en partie de phénomènes nouveaux : une demande forte en céréales et oléagineux pour l'alimentation, une demande en hausse
pour la production d'agro carburants industriels (éthanol et diester) et des accidents climatiques qui ont diminué les récoltes sur certains territoires de la planète.
Mais cette nouvelle tension sur les marchés révèle surtout des problèmes structurels, issus de choix économiques désastreux, basés sur la croyance des bienfaits pour l'humanité
de la libéralisation des marchés agricoles et de la marchandisation tous azimuts :
− avançant la nécessité du remboursement de la dette, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale contraignent depuis des dizaines d'années les
pays pauvres à réorienter leurs productions agricoles vers l'exportation. Ces pays ont ainsi dû délaisser leurs cultures vivrières, augmentant leur dépendance aux marchés extérieurs ;
− sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce et sous la pression des accords bilatéraux, les politiques agricoles de tous les pays et leurs tarifs
douaniers ont été progressivement démantelés : l'agriculture paysanne des pays du Sud se retrouve sans protection, en compétition directe avec l'agriculture subventionnée et industrielle des pays
du Nord ;
− la spéculation sur les marchés de matières premières accentue l'instabilité, à la baisse ou à la hausse, de leurs prix. Elle s'inscrit dans le cadre d'un
capitalisme financier exacerbé, qui détériore l'ensemble des conditions de vie, y compris dans ce qu'elles ont de plus élémentaire ;
− de nombreux pays, en soutenant le développement des agro carburants, répondent aux intérêts des multinationales mais mettent un peu plus en danger la
sécurité alimentaire mondiale. Tandis que leur bilan carbone est contesté dans la plupart des cas, les cultures intensives d'agro carburants concurrencent directement les productions alimentaires
et favorisent la hausse des prix et la spéculation.
Pour toutes ces raisons qui n'ont rien de conjoncturel, il est à craindre que l'extrême pauvreté et les conflits régionaux ne fassent que s'aggraver. Seules des mesures
cohérentes, en rupture avec les politiques libérales actuelles, peuvent permettre d'endiguer la catastrophe qui s'annonce :
− une régulation mondiale des marchés agricoles avec le recours aux stocks publics dans le cadre d'une instance internationale sous l'autorité des Nations
unies : elle doit permettre une régulation des prix mondiaux compatible avec l'intérêt général et l'instauration d'une fiscalité procurant les ressources publiques pour satisfaire les besoins en
développement des pays du Sud ;
− la reconnaissance du droit à la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire le droit des populations, de leurs États ou Unions à définir leur propre politique
agricole et alimentaire sans dumping vis-à-vis des pays tiers ;
− l'annulation de la dette des pays pauvres et l'augmentation substantielle de l'aide publique, à commencer par celle de l'Union européenne et de ses États
membres, qui est aujourd'hui en diminution ;
− un moratoire pour suspendre la production d'agrocarburants et expérimenter des solutions alternatives, comme le propose Jean Ziegler, rapporteur spécial de
l'ONU pour le droit à l'alimentation.
Enfin, la crise alimentaire ne peut être résolue au détriment des impératifs écologiques, notamment par la déforestation et le développement des OGM. La crise climatique et
l'épuisement des sols sont autant de facteurs qui, au contraire, accentuent la crise alimentaire. Les solutions résident dans des pratiques agricoles écologiques et sociales. Elles nécessitent en
particulier une réorientation de la recherche publique agronomique et des politiques agricoles et alimentaires dans leur ensemble.
Contacts :
Aurélie Trouvé, co-présidente d'Attac, 06 17 17 50 87
Régis Hochart, porte-parole de la Confédération Paysanne, 06 08 75 00 73
Montreuil, le 18 avril 2008
“La réalité ne peut être franchie que soulevée” René Char
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