Vos Eco Rendez-vous

Réunion du Collectif droit d'asile

Mardi 8 juillet à 18h
maison St Paul
51 Rue Treynes à Tarbes

Pour comprendre l'urgence de la situation
et agir:
Collectif de défense du droit d’asile, à Tarbes

       ____________________________

Pour ne rien louper des Festivités de cet été,
c'est par ici:
A ne pas manquer! Les asso bougent!!

Et par ici:
http://pyzik.fr

Et puis aussi par ici:
http://www.infoconcert.com


Recherche

P'tites annonces!!

Les écoconstructeurs recherchent:  Une remorque métallique, pouvant supporter plus d'1 tonne , 2.5m x 1.5m!  pour le transport d'un poële de masse qui sera exposé au Festival de la Terre 2008 avant sa destination finale dans les serres d'une production locale de maraîchage bio  contact: terramaterre@yahoo.fr

L'AMAP de la Haute Vallée de l'Adour située à Trébons va  bientôt s'installer dans un local éco-construit mis à disposition par les producteurs maraîchers. Nous lançant donc un appel à bonnes volontés pour la participation aux chantiers collectifs qui se dérouleront dans les mois à venir.
Et comme nous sommes pour la récup et la consommation intelligente si vous avez ou connaissez 1 évier; 1 frigo, 1 bon poële à bois et des grandes panières en osier propres ( stockage et présentation du pain cuit sur place) qui vont partir à la poubelle ou vendues à petits prix , alors contactez-les !
Fred, 05 62 42 00 57 ; Christian, 05 62 91 08 80 ; Thierry, 05 62 96 76 10 . Vous pouvez aussi venir en parler directement les mardi et jeudi de 17h 30 à 19h 30 à l'AMAP ( actuellement à l'ancien presbitaire de Trébons en face de l'église)

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Terra Ma Terre

Lundi 31 mars 2008
Hooseek est un nouveau moteur de recherche, dont l'un des buts est de soutenir les associations, en leur reversant une part de ses gains publicitaires. Certains moteurs de recherche défendaient déjà le développement durable ou certaines activités éthiques, mais de façon aveugle. Avec Hooseek, c'est vous qui décidez des associations qui seront soutenues par vos recherches sur son moteur.
 
Le principe est simple : 1 recherche = 1 don. Ne vous inquiétiez pas, c’est un service gratuit.
Concrètement, vous sélectionnez jusqu'à 4 associations parmi les 500.000 présentes et chaque recherche que vous effectuerez sur hooseek apportera environ 0,2 centimes à vos associations favorites. A chaque recherche, HooSeek reverse une part de l'argent généré par les annonceurs de son site aux associations, mais c’est vous qui les choisissez...

Concrètement, l'association Terra Ma Terre, avec son potentiel d'adhérents et de personnes qui soutiennent son action, pourrait bénéficier d'environ 2000 euros par an de soutien, uniquement grâce à vos recherches. Pour nous, ce n'est pas rien ! Alors si vous soutenez notre action, surfez utile sur Hooseek, et inscrivez Terra Ma Terre dans vos associations favorites (vous pouvez soutenir jusqu'à 4 associations).

Allez dans la page "Association à soutenir" en cliquant sur le coeur rouge. Pour nous retrouver dans la jungle des associations, utilisez les critères de recherche : dans le menu "Activité", sélectionnez "Environnement". Dans la case "Code Postal", entrez "65200", appuyez sur "Entrée". Logiquement, Terra Ma Terre apparait, cliquez sur "Soutenir l'association".

Quelles sont les différences avec le moteur que j'utilise actuellement ?

Les résultats sont les mêmes (voire même plus efficaces, à l'usage), que Google par exemple, car Hooseek utilise plusieurs moteurs de recherche pour optimiser ses résultats. Les fans de Google ne seront donc pas déçus. Il y a aussi quelques innovations : 

- Par exemple, le Seeker supprime la "Page Suivante" : lorsque vous faites une recherche, les résultats affichés ne s'arrêtent plus aux 20 premiers. Les suivantes apparaissent automatiquement à mesure que vous descendez l'ascenseur.

- Autre exemple, la recherche Dico vous permet d'avoir les réponses de Wikipedia, du Quid et de Google Scholar. Et cerise sur le gateau, en interrogeant la recherche Dico, il vous est proposé par défaut la définition, les synonymes et la conjugaison des mots que vous recherchez. Pratique, non ?

- Enfin, une version "noire" de la page d'accueil est disponible, afin de faire économiser de l'énergie aux écrans : et ça, ben nous on aime !

Testez le, parlez en autour de vous, et d'ors et déjà merci pour votre soutien !

L'équipe Terra Ma Terre.

par TERRA MA TERRE
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Lundi 31 mars 2008



 

L’Australie a récemment refusé une demande d’asile collective de la part d’habitants du Tuvalu, île menacée de disparition par les conséquences du réchauffement climatique. Le problème des “déplacés environnementaux”, de plus en plus concret, est très peu débattu, et aucun statut officiel n’a encore été défini. L’ONU s’attend pourtant à être confrontée à un déplacement de 150 millions de personnes d’ici 2050.

 Ils ne sont que 11000, mais personne ne veut les accueillir. A cause du réchauffement climatique, le niveau de la mer monte et menace inexorablement les Tuvaluans. L’archipel sans relief de 26 km² voit approcher à grand pas le jour de son engloutissement. Isolée dans le Pacifique, la micro-nation perd des terres cultivables à vue d’œil. D’après plusieurs ONG dont les Amis de la terre, les habitants du Tuvalu seront, d’ici deux générations au plus, les premiers réfugiés climatiques. Au-delà du drame local, se pose la question plus générale du sort des déplacés environnementaux. Car Tuvalu est l’arbre qui cache la forêt : bien d’autres populations sont ou seront touchées, notamment en Afrique (Darfour) mais également aux Etats-Unis (les déplacés de l’ouragan Katrina) ou en Europe (Pays-Bas).

Le premier débat, juridique, concerne la dénomination de ces personnes victimes du changement climatique. « La définition de “réfugié” de la convention de Genève ne peut s’appliquer qu’à des citoyens victimes de persécution » explique Chloé Vlassopoulou, maitre de conférences en sciences politiques à l’université de Picardie et  responsable de l’axe « Réfugiés environnementaux ? » du réseau scientifique TERRA (Travaux, études et recherches sur les réfugiés et l’asile). Il en va de même pour la demande d’“asile” qui suppose une persécution. De plus, le déplacement de population a souvent lieu à l’intérieur même du pays. Il est donc incorrect de parler de “réfugiés climatiques”. « Le terme de “déplacés environnementaux” est plus juste, tout aussi parlant et rend bien compte du malheur des populations » ajoute François Gemenne, chercheur au centre d’étude de l’ethnicité et de la migration à Liège, et enseignant à Sciences Po Paris. Le concept de déplacés n’est pas nié, car il existe depuis toujours, mais il reste indéfini.

Une dénomination, mais pas de statut

Aujourd’hui il n’existe pas de statut officiel des déplacés environnementaux. On sait quelles sont les populations touchées, mais aucune définition stricte ne les réunit. « Nous sommes dans une période où la convention de Genève fonctionne mal, les frontières se ferment et on rechigne à reconnaitre les réfugiés politiques. Si on créé le statut de réfugié climatique, qui pourrait s’appliquer à des millions de personnes, on va vers le démantèlement de la convention » explique Chloé Vlassopoulou. Aucun texte ne statue donc sur ces populations déplacées. « Il n’y a que quelques paragraphes dans chaque convention pour prendre en considération de façon indirecte la souffrance des gens liées à la pollution » affirme Chloé Vlassopoulou.

Exclus donc de la convention de Genève, ils ne rentrent dans aucune catégorie prédéfinie. « Les conflits créent des problèmes environnementaux, et vice versa. Il faut donc établir le facteur qui provoque le déplacement, qui sera l’argument à avancer pour demander l’asile » explique François Gemenne. On se dirige plutôt vers la définition de plusieurs statuts de déplacés environnementaux, selon la cause de la migration : catastrophe industrielle comme à Bophal, changements environnementaux liés à des conflits armés, conséquences de grands travaux publics volontaires, ou changement climatique lors du tsunami en Asie du sud-est. Là encore, ce sera aux juristes de trancher.

Reconnaitre le problème pour trouver une solution

Ce flou juridique peut expliquer que l’Australie ait refusé la demande d’asile groupée des Tuvaluans, à l’instar de la Nouvelle-Zélande. Pas de persécution, pas de droit d’asile. « Et encore, le gouvernement australien précédent avait une politique d’immigration très protectrice. Aujourd’hui il accepte d’accueillir les immigrés qui ont un contrat de travail », explique François Gemenne. Pour les déplacés climatiques, si un statut leur est accordé, la difficulté sera de prouver la cause environnementale de leur exil. « Plusieurs critères sont liés : politique, économie, environnement. De plus en plus de guerres sont déclenchées par des bouleversements climatiques » insiste Chloé Vlassopoulou. Ceux qui seront déclarés “déplacés environnementaux” bénéficieront alors d’un statut complètement nouveau, très différent de celui des réfugiés politiques. « Dans ce cas d’exil, il n’y a pas de retour possible » rappelle François Gemenne. « Il s’agit souvent de populations qui veulent rester dans la même zone géographique, et garder le même mode de vie. On ne peut donc pas leur imposer le lieu de migration ». Accueillir les Tuvaluans dans les villes européennes contre leur gré serait ainsi impensable.

Un fonds pour limiter les déplacements liés au climat

De même, il serait incohérent d’imposer des quotas d’acceptation des réfugiés climatiques aux pays du Nord. « La France pourrait-elle ouvrir ses frontières pour accueillir ses voisins hollandais, bientôt noyés, sous prétexte qu’elle pollue ? » ironise Chloé Vlassopoulou. « Les enjeux sont globaux et doivent être débattus à l’échelle mondiale ». Pour sensibiliser les pays à ces catastrophes humanitaires à venir, les colloques se multiplient, et les débats prennent forme. L’idée d’un fonds européen ou international, en liaison avec le principe de pollueur-payeur, est à l’étude. « En libérant des fonds pour limiter le réchauffement, on réduira les flux. On peut également soutenir les populations en favorisant leur adaptation, pour leur éviter une migration contrainte » propose François Gemenne. La Commission européenne cofinance un projet de recherche sur les liens entre changements environnementaux et migrations forcées dénommé EACH-FOR (Environmental change and forced migration scenarios). « Tant qu’on n’étudie pas et qu’on ne reconnait pas le problème, on ne pourra pas le résoudre » conclut Chloé Vlassopoulou.

 Rouba Naaman
replaceChar('11-03-2008'); Mis en ligne le : 11/03/2008




Novethic, développement durable

NOVETHIC: le media expert du développement durable

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Source TERRA :
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=114712&titre=Quel%20statut%20pour%20les%20r%C3%A9fugi%C3%A9s%20climatiques


Appel du réseau TERRA  à ouvrir un chantier national de recherche,
débat et réflexion sur les orgines des nationalismes, xénophobies et discriminations
et les causes de leurs exacerbations périodiques dans l'histoire de l'humanité

par NOVETHIC
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Mercredi 26 mars 2008


 Pour que le charbon pollue moins, de nouvelles techniques sont testées dans le monde entier. Résultats plus ou moins efficaces, et pas avant dix ans.

Tout le monde se lance sur la voie du charbon propre mais l'objectif ne sera pas facile à atteindre. D'abord parce que la chimie ne changera pas : quelle que soit la transformation effectuée, les différents types de brûlage, le carbone (C) contenu dans le charbon ne disparaîtra pas par magie. Il faut le récupérer, par exemple sous sa forme combinée avec l'oxygène en CO2. D'où les idées de capture puis de stockage de ce puissant gaz à effet de serre dans les couches géologiques (lire p. 17). Ensuite ces technologies dites propres ne sont pas prêtes et ne seront déployées à grande échelle qu'après 2015.
Actuellement, la grande majorité des centrales thermiques à charbon fonctionne sur le même principe. Le charbon est pulvérisé et brûlé dans l'air pour évaporer de l'eau (voir schéma p. 15). Cette vapeur actionne une turbine générant de l'électricité. A partir de ce principe, deux grandes voies se dessinent vers le charbon propre : brûler mieux et brûler différemment. A chaque voie, plusieurs options dont aucune ne l'emporte sur l'autre. A l'avenir, toute la palette sera déployée. Ultime point noir : quelles que soient les prouesses réalisées, le charbon propre restera un mythe tant que les problèmes de santé et de sécurité liés à l'exploitation des mines ne seront pas résolus. Le charbon tue : il ferait entre 6000 et 20 000 victimes chaque année en Chine, selon différentes sources. La moitié seulement des mines dangereuses (au nombre de 5000 selon les autorités) ont été fermées à ce jour.

Brûler moins
Pour réduire à la source les émissions de CO2, les centrales doivent gagner en efficacité : autrement dit, produire autant de kilowattheures avec moins de charbon. Aujourd'hui, en moyenne dans le monde, le rendement atteint 30% : un tiers donc seulement de l'énergie thermique disponible est converti en électricité (le reste est perdu dans la chaudière et la turbine lors de la conversion énergie mécanique/énergie électrique). Les sept centrales françaises atteignent 37%. Quelques points supplémentaires peuvent être grappillés en brûlant du charbon plus sec, de la houille plutôt que du lignite, ou en améliorant les turbines et les chaudières. Les véritables progrès passent par un autre fonctionnement : des cycles thermodynamiques à plus haute température. De 530 °C comme aujourd'hui, le passage à plus de 600 °C (voire 700 °C) dans des centrales dites super critiques promet d'atteindre des rendements d'un peu plus de 50%. Aujourd'hui, les constructeurs (Alstom, General Electric, Siemens...) savent déjà édifier des centrales à 45% de rendement. Environ 400 sont déjà installées dans le monde. Selon Alstom, l'objectif des 50% serait atteint à l'horizon 2020. Au final, le coût du kilowatt ne serait pas si éloigné de celui des centrales actuelles selon une étude du Massachusetts Institute of Technology* (1).

Capturer le CO2 après la combustion
Pour vraiment atteindre l'objectif de zéro émissions, il faut capter le CO2 dans les fumées de combustion. Des méthodes existent déjà pour le piéger en postcombustion. La plus connue utilise un solvant liquide (appelée MEA, mono-éthanol- amine) qui retient le CO2 et le sépare ainsi des autres gaz présents dans les fumées (azote, oxygène...). Le liquide est ensuite chauffé pour récupérer le CO2 gazeux, désormais quasi pur. Le solvant est recyclé pour resservir. Problème : à cause de ce chauffage, le rendement de la centrale chute de près de 10 points ( !) selon l'étude du MIT citée précédemment. Le coût total (avec stockage) est donc plus élevé. Achevée cette année et unique au monde, l'expérience de la centrale pilote européenne Castor, au Danemark, a montré un surcoût d'une quarantaine d'euros par tonne de CO2 captée, soit bien plus que le prix de rachat de la tonne de CO2 sur le marché international... L'objectif serait de diviser ce montant au moins par deux. Alstom va expérimenter un autre pilote en 2008-2009 : il s'agit de piéger le CO2 dans de l'ammoniac réfrigéré, formant ainsi des carbonates solides. Le gaz est ensuite récupéré là aussi par chauffage, ce qui, comme la solution par solvant, rend le procédé coûteux.



Brûler avec de l'oxygène
Outre la combustion classique dans l'air (oxygène et azote), brûler le charbon avec de l'oxygène pur facilite la capture du CO2. Dans les fumées, il ne reste plus, en théorie, que du CO2 et de la vapeur d'eau. Une simple condensation permet alors de séparer l'eau du gaz.
Problème : parce que la combustion se déroule à plus haute température, les matériaux souffrent, il faut donc modifier turbines et brûleurs ! En outre, ceux-ci sont au contact d'une plus grande quantité de CO2 que dans une combustion classique, ce qui augmente la corrosion. Mais l'inconvénient majeur est le surcoût et la baisse de rendement global liés à la nécessité de séparer l'oxygène de l'azote de l'air. Il faut de véritables usines, comme celles du spécialiste historique Air Liquide en France. Cependant, la capture étant plus simple, le prix du kilowattheure électrique final serait moins élevé qu'en capture en postcombustion. Quelques projets ont pour l'instant été annoncés pour 2008- 2009 en Allemagne, aux Etats- Unis et au Canada avec des productions encore modestes (quelques dizaines de mégawatts). En France, Total expérimentera ce procédé à la fin de cette année, avec captage sur son site de Lacq (à partir du gaz naturel et non du charbon).

Brûler en cycle combiné
Au classique cycle vapeur/ turbine/condensation, il est possible d'en ajouter un second utilisant une deuxième turbine, cette fois à gaz.
Comme précédemment, le charbon est brûlé dans de l'oxygène pur. Mais la combustion est incomplète pour obtenir un mélange, dit gaz de synthèse, constitué de monoxyde de carbone et d'hydrogène. Ce gaz fait tourner une turbine et la chaleur est récupérée pour vaporiser de l'eau actionnant une turbine à vapeur. Cette double production améliore le rendement global afin de compenser l'énergie dépensée pour séparer l'oxygène de l'air en amont. Lors du colloque du Havre «Charbon propre : mythe ou réalité» de mars 2007 (1) , François Giger, d'EDF, a estimé qu'un rendement de 60% serait accessible vers 2025.
Souci : l'étape de captage baisse l'efficacité d'une dizaine de points environ. Ce dernier est plus simple que dans les centrales classiques, car dans les fumées, il n'y a plus guère que de la vapeur d'eau, de l'hydrogène ou du CO2. Comme précédemment, en l'absence d'azote, un simple jeu de température permet de séparer le CO2 des autres gaz. Selon l'étude du MIT, qui résume les estimations d'autres groupes, cette capture n'induirait que 20 à 40% de surcoût, à comparer aux 60 à 80% dans le cas de la postcombustion.
Néanmoins, cette technologie complexe est moins mûre que le captage en postcombustion. Seulement six centrales l'expérimentent (trois aux Etats-Unis, deux en Europe - Buggenum aux Pays-Bas et Puertollano en
Espagne - et une en Chine). Le rapport du MIT rappelle que près de cinq années ont été nécessaires dans les centrales américaines de ce type pour atteindre seulement 80% de disponibilité... Ce serait malgré tout la solution la moins coûteuse.

Raffiner Le gaz ?
La combustion du charbon dans de l'oxygène mène, comme dans les centrales à cycle combiné, à du gaz de synthèse. Ce gaz peut en fait servir à de multiples réactions chimiques et à la fabrication de quantité de produits comme l'essence, le méthanol, l'ammoniac ou l'hydrogène (susceptible d'être stocké dans une pile à combustible). L'usine devient alors une véritable raffinerie polyvalente. La variété de ces produits amortit les coûts, permet un ajustement de la production à la demande et donne un bilan global plus élevé en termes d'efficacité énergétique.
Néanmoins, en fonction des produits, on ne pourra pas toujours parler de «charbon propre». La production d'hydrogène est «propre» puisqu'elle permet une capture quasi complète du CO2. A l'inverse, la filière essence est moins favorable : par définition, le carburant ainsi fabriqué est brûlé à son tour et le bilan est donc une émission nette de CO2. En outre, selon le MIT, ce procédé émettrait 150% de CO2 en plus qu'une raffinerie de pétrole classique. «Ces raffineries, c'est fabuleux en théorie mais ne nous emballons pas. Industriellement ce sera difficile», précise François Kalaydjian, directeur expert développement durable à I'IFP. Pour l'instant, cette polygénération n'existe pas, même si chacune de ses filières est en théorie (voire en pratique) possible.
Par exemple, depuis la dernière guerre, les chimistes savent transformer le charbon en pétrole via le gaz de synthèse grâce au procédé Fischer-Tropsch. L'Allemagne l'utilisa pour son économie de guerre ainsi que l'Afrique du Sud lorsqu'elle était sous embargo en raison de sa politique d'apartheid.
La Chine est particulièrement intéressée par ces technologies. Plusieurs démonstrateurs sont prévus et une centrale devrait être opérationnelle cette année. La Chine est même la seule à avoir lancé de premiers essais de polygénération méthanol et électricité.

Stocker de façon sûre
Les nouvelles technologies des centrales à charbon n'auront d'intérêt que si l'on parvient à enfouir le CO2 qui en provient en toute sécurité. «Le potentiel du stockage géologique est énorme, affirme Isabelle Czernichowski, responsable du programme de recherche sur la séquestration au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Rien que dans les aquifères salins, ces couches rocheuses imbibées d'eau saumâtre impropre à la consommation, les capacités de stockage seraient de 10 000 milliards de tonnes, de quoi assimiler les émissions de CO2 des cent prochaines années.» Ce type de stockage focalise donc l'attention. Il est expérimenté sur trois sites : au large de la Norvège, à Sleipner depuis 1996 et à Sn0vhit depuis début 2008 (voir S. et A. n° 716, octobre 2006), ainsi qu'à Insala, en Algérie, depuis 2004.
L'expérience de Sleipner est un succès : 8 millions de tonnes de CO2 ont été injectés par 800 mètres de fond dans une couche sableuse, plate sur de longues distances. Des mesures sismiques 3D ont montré que le gaz s'étalait sous le toit imperméable du réservoir sans provoquer de fuites : les chercheurs pensent qu'il faudra sept mille ans au CO2 pour se dissoudre entièrement dans l'eau salée et se stabiliser. Mais l'expérience norvégienne ne peut se généraliser rapidement. Restés longtemps sans intérêt économique, les aquifères salins sont généralement mal connus.
Autres solutions : utiliser des gisements de pétrole ou de gaz naturel vides. Ils pourraient accueillir le tiers des émissions mondiales du siècle à venir. En mer du Nord, au large des Pays-Bas, après des premiers tests d'injection positifs, 400 000 tonnes de CO2 devraient être injectées chaque année sur le site gazier offshore K12B. L'injection de CO2 dans un gisement de pétrole en exploitation peut aussi servir à le prolonger : rendu moins visqueux par le C02 l'hydrocarbure est plus facile à extraire. Cette «récupération assistée» testée à Weyburn, au
Canada, sur 1,8 million de tonnes/an permettrait de stocker définitivement 20 millions de tonnes de CO2. Trois autres projets de ce type devraient émerger ces prochaines années. Malgré toutes ces avancées, les risques environnementaux - changement de la composition de l'eau potable, acidification des sols, émissions gazeuses - «sont encore mal caractérisés» selon les termes du rapport final sur le charbon propre du colloque du Havre de mars dernier. Et pour que la technologie soit commercialisable en 2020, les industriels et chercheurs européens doivent développer d'ici là une douzaine d'autres projets pilotes.

(1) The Future of Coal, M IT, mars 2007, http://web.mit.edu/coal/

Caroline Depecker
Sciences et Avenir

par Sciences et Avenir
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Mercredi 26 mars 2008


Dans l'Aveyron ou la Nièvre, des investisseurs envisagent de reprendre l'exploitation d'un charbon redevenu rentable.

Le charbon français est redevenu «rentable». C'est le credo d'investisseurs privés qui brûlent aujourd'hui d'exploiter le sous-sol hexagonal alors même que Charbonnages de France, créé en 1946 par une loi de nationalisation, a été officiellement dissous... début janvier. «La France importe chaque année plus de 22 millions de tonnes de charbon, soit 13,7 millions de tonnes d'équivalent pétrole», rappelle Brian Coppack, P-DG de la Société des ressources minières du Massif central (SRMMC), qui a déposé un projet de mine à ciel ouvert à Bertholène, dans l'Aveyron. Le charbon venu d'Australie, d'Afrique du Sud et de Russie valait récemment deux à trois fois moins cher que le charbon local, profondément enfoui et de qualité médiocre. Mais «les pays producteurs réduisent leurs exportations pour satisfaire leur demande intérieure, et avec la flambée du pétrole, le transport en bateau a plus que quadruplé». Du coup, les projets de mines françaises deviennent intéressants financièrement, même s'ils sont «écologiquement incorrects» et décriés par les riverains.
A Bertholène, la SRMMC (filiale d'Aardvack TCF limited, principal exploitant britannique) prévoit de scalper une colline pour exploiter un gisement de 4,5 millions de tonnes sur une dizaine d'années. La concession, privée, a été rachetée en 2004, mais la SRMMC ne peut effectuer des sondages sans l'autorisation des propriétaires du sol. Elle vient de déposer une nouvelle demande de prospection lui permettant de contourner cet accord.


Dans la Nièvre, deux sociétés, Seren et Valorca, se disputent les concessions de Lucenay- lès-Aix, Cossaye et Toury-Lurcy Le gisement de 250 millions de tonnes, le plus gros de France, a été découvert par le BRGM dans les années 1980. Les deux projets concurrents prévoient l'installation d'une centrale de 1000 mégawatts. Les enquêtes publiques sont bouclées, la Dri- re (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) a donné un avis (pour le moment confidentiel) et les dossiers sont en attente au ministère de l'Industrie. Lequel devrait se montrer prudent tant que les technologies de charbon propre ne seront pas au point...
Mais ensuite, rien n'interdirait que la France retourne à la mine. «Notre intérêt est de produire du charbon à proximité des centrales thermiques au lieu de lui faire traverser la moitié de la planète !» plaide Brian Coppack. Le charbon importé alimente aujourd'hui sept usines (4650 MW annuels, moins de 4,7 % du parc EDF), utilisées en période de pointe ou de grand froid (à l'instar des centrales à fioul et au gaz). Mais deux grandes soeurs au flux plus continu pourraient se monter au Havre, où le fournisseur privé d'électricité Poweo projette des «centrales propres» totalisant 600 à 800 MW. S'il parvient à lever les multiples objections locales, l'opérateur pourrait inspirer d'autres projets dans l'Hexagone.
www.industrie.gouv.fr/energie/ statisti/se_charb.htm

 

Les normes à respecter

Avoir la liste des émissions polluantes d'une centrale, il paraît difficile de parler de «charbon propre». Néanmoins les principaux polluants font l'objet de normes restrictives d'émission et donc d'efforts pour les réduire.

Oxydes de soufre : ils sont captés dans les fumées et transformés en gypse pour fabriquer du plâtre. Aux Etats-Unis, les quantités ont baissé de 38% en trente ans (division par 5 en France depuis 1998).

Particules fines : elles sont filtrées au niveau des cheminées.

Oxydes d'azote : ils sont également piégés en postcombustion. Leur quantité a baissé de 25% en trente ans aux Etats- Unis (de 50% en France).

Mercure : fait depuis peu l'objet de normes de réduction.

Il y a d'autres émissions, mais les opérateurs n'aiment pas beaucoup les évoquer ! Un coup d'oeil au Registre français des émissions polluantes (établi par le ministère de l'Ecologie et du Développement durable) nous apprend par exemple que de grandes quantités de chlore (1200 t/an) sont émises dans l'air. Qu'il y a aussi dans les fumées du fluor, de l'arsenic, du chrome. Dans l'eau on trouve du cuivre, du zinc ou de l'arsenic. Sans compter les déchets (huile, emballages...) propres à toute activité industrielle. Un véritable écobilan reste à faire avant de parler de charbon propre.

Rachel Mulot
Sciences et Avenir

par Sciences et Avenir
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Mercredi 26 mars 2008

Vers la privatisation de la biodiversité ?



Illustration : Vers la privatisation de la biodiversité ? Développement durable

Développement durable
L'association Kokopelli qui propose plus de 12 000 variétés de semences anciennes issues de l'agriculture bio, a été condamnée en appel pour avoir vendu des variétés non inscrites au registre national. En France, les graines destinées à être commercialisées doivent en effet être inscrites, chaque année, dans le Catalogue officiel des plantes potagères, au prix de 7500 euros pour chaque variété. Des sommes que seuls les grands semenciers peuvent payer et qui conduisent à une privatisation du patrimoine génétique.

L'association Kokopelli va-t-elle disparaître ? Condamnée en 2006, en appel, à verser plusieurs milliers d'euros (18 000 pour Dominique Guillet, président de l'association), pour avoir vendu des semences non inscrites sur le registre national, Kokopelli avait décidé de se pourvoir en cassation. L'association demandait l'application  de la directive européenne 98-95, qui exige que les Etats membres agissent contre les risques d'érosion génétique, en faisant valoir son rôle dans la préservation de la biodiversité. Kokopelli commercialise, en effet, 12 000 variétés de semences rares et biologiques, en s'appuyant sur un réseau d'adhérents qui pratiquent des échanges de semences. Elle distribue par ailleurs des graines dans des pays en développement pour les aider à acquérir une indépendance alimentaire. Ces arguments n'ont cependant pas été entendus : l'association a été condamnée pour vente de  "semences de variétés non conformes", non conformes car Kokopelli ne les a pas fait enregistrer au catalogue officiel des semences, une procédure spécifiquement française contrôlée par le Ministère de l'Agriculture. L'inscription coûte en effet 7500 euros par an  pour chaque variété..."Nous cultivons en moyenne 12 000 variétés; il nous est simplement impossible de payer 7500 euros par an pour inscrire chacune d'entre elles " explique Raoul Jacquin, agriculteur et membre de Kokopelli. " De plus pour être acceptée, une graine doit être distincte des variétés existantes, homogène et stable dans le temps. Or la biodiversité est par principe ni homogène, ni stable. Seules les semences hybrides peuvent respecter cette norme." Conséquence de cette utilisation " libre " des semences: l'association a été poursuivie en justice par la Fédération nationale des professionnels de semences potagères et florales (FNPSP) et le GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et des plants) pour concurrence déloyale, sous prétexte qu'elle met sur le marché des variétés non-présentes au catalogue. " Il faut être réaliste : les semences que défend l'association Kokopelli étant maintenues dans l'illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès ", affirme l'association. Ce procès perdu  le 29 janvier 2007 lui inflige une amende de 12 000€ pour l'entreprise de semences Baumaux et 23000€ pour l'Etat et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).
Kokopelli estime au contraire que son activité a pour seule conséquence de mettre en culture des semences oubliées, sans porter préjudice aux lois du marché. " Environ 4000 jardiniers produisent leurs graines ou les achètent à l'association.  A quel montant d'achat peut-on estimer le panier de graines d'un jardinier ? 20 euros par an ? Cela donnerait un chiffre d'affaire que ne percevraient pas les semenciers "officiels" de 80 000 euros : on peut probablement estimer ce montant comme négligeable par rapport à l'ensemble du marché ",  estime l'asssociation, rappelant que  5 multinationales contrôlent 75 % de la semence potagère sur la planète.
Cette condamnation, en contradiction avec plusieurs textes européens ou internationaux  exigeant de préserver le patrimoine cultivé de l'humanité, pose le principe de la privatisation des semences, qui appartiennent à ceux qui les payent. Elle fragilise, de ce fait, les agriculteurs soucieux de préserver la biodiversité ou désireux de vendre des variétés traditionnelles...et menace la biodiversité elle-même.



Véronique Smée
Mis en ligne le : 01/02/2008
replaceChar('01-02-2008');
par TERRA MA TERRE
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